Essai : De la Démocratie numérique, par Nicolas Vanbremeersch aka Versac

de-la-democratie-numeriqueVersac, un blogueur des premières heures

Si vous avez erré à des heures tardives où seules les femmes, l’alcool et internet vous entrainent, vous avez croisé Nicolas Vanbremeersch, qui appartient exclusivement à la dernière catégorie. Il y a connu durant un certain succès sous le nom de Versac en tenant le blog politique éponyme. De la Démocratie numérique est un condensé de ses observations de blogueur et de sa vision du monde internet. Destiné au grand public, on y trouvera quelques truismes nécessaires dont : le Web met en communication des gens, rapproche des idées dont on n’aurait pas soupçonné la promiscuité.

La théorie des trois web

Versac expose là sa théorie des trois web (de l’information, social, documentaire), à mes yeux incomplète car négligeant la partie marchande de cet espace. Et pourtant son impact n’est pas négligeable, y compris sur les 3 web de Versac. Les habitudes de consommation génèrent chez les consommateurs un sentiment d’appartenance à un groupe, comportement renforcé par des stratégies de marque, la plus représentative étant Apple. Une volonté de partager l’information ou de débusquer le meilleur prix anime l’acheteur qui va se rapprocher de son semblable. Finalement, le comportement d’achats dynamise et par occasion même justifie l’existence des 3 web. Mais négliger ce point, outre ne pas traiter la dynamique qu’il créé, c’est aussi négliger la volonté de communication des marchands, qui vont utiliser ces canaux pour véhiculer un message publicitaire et déclencher un acte d’achat. Ils vont exposer des produits, dépassant le cadre du site corporate du web documentaire pour aller vers un web d’interaction. A ce sujet, il est intéressant de voir que les techniques les plus modernes intègrent le traitement au plus fin et au plus rapide des interactions du site avec son public et ses consommateurs. Je pense pour être plus précis aux études A/B ou à l’affichage de produits complémentaires selon le parcours réalisé sur le site et la provenance de l’internaute. De même les consommateurs évaluent en direct et en toute transparence leur marchand sur le site lui-même.

La carte n’est pas le territoire

L’essentiel de l’essai est consacré à la circulation de l’information et à son maillage. J’ai beaucoup aimé le côté cartographique de la chose qui m’a toujours amusé, quel que soit le sujet. Notez toutefois que la carte n’est pas le territoire, et que toute représentation est une schématisation dans le but d’utiliser l’information. Par curiosité et jusqu’au-boutisme j’aurais souhaité le voir aller plus loin. Et c’est bien là le reproche principal que l’on peut faire à l’essai qui effleure beaucoup et n’achève pas assez.

Lisez le blog plutôt que le livre

Je n’ai pas compris je l’admets le but de l’ouvrage. S’il est didactique, il ne démontre ou n’explique pas assez, simplifie trop d’un côté pour trop se spécialiser de l’autre. Si c’est un guide, il est fort incomplet. Si c’est un réservoir de pensée, il eût fallu plus le remplir, dans l’exemple, dans la théorie sociale, dans l’exploration du réseau.

Je ne vous recommanderai pas la lecture de l’essai. Le mieux à faire, pour comprendre les blogs, est d’aller sur celui de Versac, meilcour.fr. Si vous êtes un débutant de ce monde, allez sur Google Reader. Créez-vous un compte et familiarisez-vous avec les flus RSS. Naviguez, cliquez dans la barre d’adresse sur le logo orange. Il alimentera votre Reader. Je ne vais pas vous faire ma blog roll, et vous découvrirez bien assez tôt Eolas pour parler du droit, Aliocha pour traiter de presse, Eric pour donner dans la techno, et bien d’autres. N’oubliez pas Versac sur meilcour, dont je ne recommande pas l’essai mais dont les billets sont intéressants. Cliquez, lisez, puis intervenez. Commentez, recommandez. Vous en apprendrez beaucoup plus.

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3 comments

  1. versac dit :

    Merci de ce retour, c’est intéressant.

    Tu n’étais sans doute pas dans la cible : je pense que la chose s’adresse à un public moins dans la pratique, comme un témoignage, pour tenter de faire comprendre quelques choses, livrer des clefs d’analyse.

    Ca m’intéresse de savoir où il aurait fallu fouiller, creuser, prolonger. J’ai tenté cet équilibre entre profondeur et synthèse, peut-être en ouant trop sur l’aternance des deux, mais j’aimerais savoir où.

    Merci de ta critique en tout cas, c’est utile !

  2. Guilhem R dit :

    Versac,

    Merci d’être passé par là.

    A titre d’exemple, de ce que je n’ai pas trouvé, et que j’aurais aimé trouver:

    - la partie marchande du web, mais je m’en suis déjà expliqué dans mon billet

    - Une étude plus fine de la partie sociale, peut être une segmentation plus complète des services. Peut être quelque chose comme le post de Fred Cavazza.

    - Une dimension chiffrée plus présente, la part des habitudes, le nombre d’utilisateurs,de consommateurs, des business model, des perspectives. La production de contenu est-elle marginale chez les internautes? Leur visionnage? Leurs commentaires?

    - Ce qui me permet de rebondir sur l’étude sociale, qui fréquente le web, qui fréquente tel aspect des médias sociaux, quelles tendances, quelles prédictions? Comment a évolué la cartographie des services, que peut-on se permettre de projeter? Ici, croiser données économiques et données sociales serait intéressant, et alors le portrait de ce pan de marché serait dressé.

    - On retombe donc sur un côté cartographique, mais plus complet, et enrichissant ton parcours sur une orientation web politique, donc une segmentation bien particulière. Tiens, une info qui aurait pu être amusante: quelle est le parcours du producteur de contenu que tu étais, quelle vitesse chiffrée de progression? Quelles grandes étapes, mises en lumière des grandes étapes du web social? Tu as eu l’opportunité de créer un espace d’échanges en même temps que le web se découvrait interactif, quels parcours croisés?

    - Concernant le côté débutant, si le manuel d’accompagnement est un objectif, une petite partie sur les règles de bases de ce milieu, de la manière d’y accéder aurait pu avoir son charme, sans toutefois tomber dans la consultation de blog pour les nuls. Qu’est-ce qu’un flux RSS, un digg-like? Je pense à ma femme, qui me voit lire de l’info, lui rapporter de l’info. Elle est relativement démunie face à cette manière de communiquer, elle a une vague idée de ce qu’elle pourrait y trouver, mais aucune de la manière dont l’aborder.

    -Je rebondis et reviens sur la partie marchande, qui suscite de l’intérêt chez le consommateur car l’espoir de la génération d’économie est fort. Pour beaucoup, c’est une manière de rentrer dans le web social. Si je partage de l’information de consommation avec un internaute, quel impact pour l’économie électronique, quelles modifications dans les habitudes de consommations et dans les techniques de ventes? Quelles évolutions chez les marchands?

    Je te dis tout ça entre deux au boulot, si un truc plus poussé t’intéresse on peut toujours en rediscuter, je prendrai alors plus de temps un soir pour produire quelque chose de plus consistant.

    Merci dans tous les cas d’avoir rebondi, j’ai pratiqué pendant plus de deux ans des critiques papier, avec que peu de réactions. Je la pratique encore, mais le manque d’interaction m’a poussé à venir m’exprimer ici. Pouvoir avoir facilement la réaction de l’auteur est à mes yeux un vrai luxe, et c’est toute cette partie là que tu décris bien dans ton bouquin.

  3. NV dit :

    Quelques réponses, tardives, à tes remarques (fort utiles).

    - la partie marchande du web, mais je m’en suis déjà expliqué dans mon billet

    > Oui, ce n’est pas mon objet. Je parle ici du web comme espace public. I lest évident qu’il y a d’autres fonctions.

    - Une étude plus fine de la partie sociale, peut être une segmentation plus complète des services. Peut être quelque chose comme le post de Fred Cavazza.

    > J’avais développé dans une première version quelque chose de plus fin, mais à la relecture, ça complexifiait beaucoup, et alourdissait, sans apporter d’élément majeur. Pour le détail, je préfère les cartographies de Dominique cardon.

    - Une dimension chiffrée plus présente, la part des habitudes, le nombre d’utilisateurs,de consommateurs, des business model, des perspectives. La production de contenu est-elle marginale chez les internautes? Leur visionnage? Leurs commentaires?

    > l’objet n’est pas d’écrire une « somme » sur le web, mais un essai personnel, un point de vue, et des réflexions. Cela a ses limites, mais je n’ai jamais eu ni le style ni le goût pour produire de « la référence ». En plus, sur l’usage, on est loin d’avoir des statistiques fiables. Mais j’aurais du sans doute mieux quantifier. Je connais ce travers…

    - Ce qui me permet de rebondir sur l’étude sociale, qui fréquente le web, qui fréquente tel aspect des médias sociaux, quelles tendances, quelles prédictions? Comment a évolué la cartographie des services, que peut-on se permettre de projeter? Ici, croiser données économiques et données sociales serait intéressant, et alors le portrait de ce pan de marché serait dressé.

    > Oui, la partie projection d’usage est faible, trop limitée, je suis assez d’accord. J’ai là aussi enlevé une partie prospective, façon « le web dans 5 ans », parce que je n’aima pas jouer au gourou, et que je n’en sais rien…

    - On retombe donc sur un côté cartographique, mais plus complet, et enrichissant ton parcours sur une orientation web politique, donc une segmentation bien particulière. Tiens, une info qui aurait pu être amusante: quelle est le parcours du producteur de contenu que tu étais, quelle vitesse chiffrée de progression? Quelles grandes étapes, mises en lumière des grandes étapes du web social? Tu as eu l’opportunité de créer un espace d’échanges en même temps que le web se découvrait interactif, quels parcours croisés?

    > Je le traite un peu, mais c’est dur de faire de l’histoire flash en 100 pages. Je retiens la chose, le côté brève histoire de ce qui s’est déjà passé, lignes de faille, grands événements, mutations de pratique déjà observées…

    - Concernant le côté débutant, si le manuel d’accompagnement est un objectif, une petite partie sur les règles de bases de ce milieu, de la manière d’y accéder aurait pu avoir son charme, sans toutefois tomber dans la consultation de blog pour les nuls. Qu’est-ce qu’un flux RSS, un digg-like? Je pense à ma femme, qui me voit lire de l’info, lui rapporter de l’info. Elle est relativement démunie face à cette manière de communiquer, elle a une vague idée de ce qu’elle pourrait y trouver, mais aucune de la manière dont l’aborder.

    > Oui, ceci-dit, je ne voulais surtout pas faire un manuel pratique. cela s’adresse à des gens qui veulent réfléchir au sujet, pas forcément entrer dans la danse. Ma mère l’a trouvé très bien pour ça, alors qu’elle n’ouvrira pas de blog… Je laisse cet aspect à d’autres.

    -Je rebondis et reviens sur la partie marchande, qui suscite de l’intérêt chez le consommateur car l’espoir de la génération d’économie est fort. Pour beaucoup, c’est une manière de rentrer dans le web social. Si je partage de l’information de consommation avec un internaute, quel impact pour l’économie électronique, quelles modifications dans les habitudes de consommations et dans les techniques de ventes? Quelles évolutions chez les marchands?

    > Oui, je suis bie nd’accord, et, professionnellement, j’y suis beaucoup confronté. ceci-dit, l’impact est faible sur le fonctionnement démocratique, tu en conviendras, et ca reste l’objet du livre. Ce n’est pas une somme sur « le web social », mais un essai sur « le web comme espace politique ».

    Je te dis tout ça entre deux au boulot, si un truc plus poussé t’intéresse on peut toujours en rediscuter, je prendrai alors plus de temps un soir pour produire quelque chose de plus consistant.

    > Merc ide tes remarques. J’ai surtout l’impression que tu attendais en fait un autre livre. Il reste à écrire. Plusieurs, en fait :
    > Un manuel pratique pour utiliser le wbe 2.0 (il y en a, mais je ne les ai pas lus)
    > un livre sur l’impact du web sur le commerce et les entreprises, dans un contexte 2.0

    Merci dans tous les cas d’avoir rebondi, j’ai pratiqué pendant plus de deux ans des critiques papier, avec que peu de réactions. Je la pratique encore, mais le manque d’interaction m’a poussé à venir m’exprimer ici. Pouvoir avoir facilement la réaction de l’auteur est à mes yeux un vrai luxe, et c’est toute cette partie là que tu décris bien dans ton bouquin.

    > Ben oui, c’est juste une habitude que de discuter avec les gens qui parlent de ce qu’on écrit. Ce feedback est toute la sève agréable des échanges en ligne…

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