Je ne vous présente ni l’auteur, ni l’histoire : les soixante trois premières années de sa vie, jusqu’à sa victoire en 1995. Nous avons eu la chance d’avoir quelques présidents lettrés, aussi la lecture de leurs mémoires est toujours intéressante tant pour l’histoire que pour les connaître comme auteurs. Chirac manie une plume sûre et irréprochable, sobre et bien construite, mais un peu trop conventionnelle à mes yeux et quelques traits d’esprit auraient pu avoir une place de choix.
Son regard se pose ci et là sur son passé, par touches. J’attendais je le confesse plus de détails ou d’explications, moins de survol. Ce sont les mémoires d’un homme qui laisse aller ses souvenirs, sans les creuser ou de manière trop ponctuelle. Il manque l’autocritique que l’intelligence sait fournir, mais je comprends qu’il soit tentant d’écrire l’histoire que l’on veut laisser et non celle que l’on a tracée. Je n’en lirai pas moins le deuxième tome, en espérant y trouver plus de « présidence » et moins de « les médias ont retenu ces points et je les corrige ».

