
Je me faisais cette réflexion là pendant la conférence place-to-be qu’est LeWeb: qu’est ce qui nous motive?
Je vous la réponse rapide:
- Un gros égo
- Des fortes capacités d’adaptation
- Une moindre peur du danger
La suite étaye ce truisme de manière plus argumentée en s’appuyant principalement sur la pyramide de Maslow. C’est un peu de la philosophie de veille de Noël, mais il est important de savoir au tournant d’une année où l’on met les pieds. Je lisais récemment une belle phrase « je n’écris pas pour dire ce que je pense mais pour le savoir », c’est chose faite.
Nous travaillons dans le web, qu’il soit d’information ou commercial. Monde un peu particulier, car à la fois microcosme (les professionnels du web) et media mass market (les consommateurs et utilisateurs). Il représente une faible part de l’économie (exemple de l’e-commerce qui ne forme que 4 à 5% du marché carte bancaire) tout en étant connu de tous (de mémoire un taux d’équipement des foyers qui dépasse les 70%). L’aspect microcosmique du marché est exacerbé par la relative proximité des acteurs, chacun étant facilement identifiable et joignable.
Dans notre monde le renouvellement des technologies est extrêmement rapide (Quoi que. On fait toujours de l’HTML et l’on utilise toujours des protocoles TCP/IP), le simple fait d’être toujours là, efficace et pertinent, montre que l’on a la rapidité d’adaptation requise. La fascination pour les nouvelles technologies tient selon moi de la satisfaction de maitriser davantage la nature (argument d’espèce dirons-nous, c’est collectivement que nous maitrisons) et celle de soi-même y arriver et avant les autres (argument individualiste, c’est nous-même qui y parvenons avant les autres). Une des choses qui nous motive est donc ce plaisir de la technologie, de la rapidité. Bien que celle-ci crée un paradoxe dont l’explication permet de définir un autre critère de motivation, et c’est grâce à notre ami Maslow que nous rentrerons plus loin dans les explications.
La motivation du web expliquée grâce à Maslow

Une contradiction avec les besoins primaires
Le simple fait de travailler dans une économie dont le périmètre technologique est mouvant est en opposition à la réalisation des besoins primaires de sécurité. C’est en effet une mise en péril de notre environnement de travail. La motivation pour l’e-commerce et le web en général ne peut donc pas venir du confort. En revanche, comme vu plus haut, rester dans cet environnement est une satisfaction intellectuelle qui touche directement au sommet des besoins.
Le média social comme réponse au besoin d’appartenance
Autre particularité de la net-économie, nous tournons en vase clos, bien qu’extrêmement créatif. Nos clients, nos fournisseurs, nos partenaires sont du même monde que nous. Nous les trouvons et nous trouvons des informations sur eux sur internet. Nous commercialisons et communiquons sur internet. Et c’est encore par ce même média que nous raconterons comment nous l’avons vécu. Le sentiment d’appartenance est extrêmement fort, décuplé par les réseaux sociaux. Et je ne connais pas encore de réseau extrêmement actif et réactif dans la transformation du plâtre et de ses dérivés.
La communication omniprésente comme réponse au besoin d’estime
Ce dernier point renforce presque mécaniquement le besoin d’estime, nous tenons des conférences, des webinars, des blogs, des fils twitter auxquels sont abonnés des dizaines et centaines de personnes. Même cet humble blog à son petit lectorat fidèle (merci à vous au passage). Les agences digitales et la communication sur internet me confortent de plus en plus dans ce point de vue, et je m’autorise une légère digression. Je suis maintenant depuis une bonne année et demie l’actualité de la communication sur internet. Je demande régulièrement dans mon entourage s’ils sont vu des opérations dont plusieurs blogueurs ont parlé, qui ont été réalisées par des agences en vue. Généralement, la réponse est unanime: Non. L’information se propage à une vitesse ahurissante dans notre petit univers mais un nombre assez faible d’éléments transpire dans le mass market. Une opé réussie pour un petite société génère de 2 à 4 k inscrits et du 20k VU. A 100k, c’est le début de la grande chouille. Finalement, c’est plus un succès d’estime auprès des professionnels que nous connaissons qui va être visé qu’une pénétration directe du grand public. Il sera touché quant à lui via une longue démarche de prescription, et encore elle aboutira uniquement lors des relais massifs hors web, ou alors à grands coups de display au coût prohibitif. En gros, l’estime de nos pairs, et dans notre métier elle est mesurable par des followers, est une motivation clé. C’est le concept mesure de notre action et de notre égo qui change tout.
Le management d’un marché éclaté comme réponse à un besoin de réalisation
Et maintenant, le besoin de réalisation. La net-économie est un marché peu mature, fortement dispersé. Très peu d’acteurs sont capables d’avoir des stratégies de prédation et nous sommes loin d’une phase de concentration. Je dirais même qu’une des caractéristiques intrinsèques du web et de favoriser les marchés de niche, et donc de favoriser l’apparition permanente de nouveaux et petits entrants. C’est l’application même de la théorie de la longue traine. Moralité, dans ce monde fragmenté où dix années d’expérience, c’est déjà être vieux, il y a une multiplication naturelle de managers et de directeurs. On devient vite le patron de quelque chose. J’étais par le passé manager industriel, la musique était différente. La glorification des fast trackers et le nombre d’opportunités permanent permettent de satisfaire le besoin de réalisation de soi à un nombre supérieur que dans d’autres économies.
Le bouillonnement comme règle de vie
Conclusion?
Vous le saviez tous, et j’ai copieusement enfoncé une porte ouverte. Nous sommes là parce que d’une manière ou d’une autre nous avons un bel égo et/ou une motivation forte à créer quelque chose avec un maximum d’autonomie. Je n’ai pas l’impression qu’une telle période ait pu exister par le passé, le partage de l’accès au savoir étant très récent.
Nous participons à un grand bouillonnement et en tirons satisfaction, nous avons le sentiment d’écrire quelque chose. C’est je crois cette énergie qui était ressortie de la grande conférence LeWeb. Peut-être le monde de la recherche connait ce même genre d’excitation, et encore, ils sont fondamentalement beaucoup moins courts-termistes.
Quant à moi, c’est avec plaisir que je serais encore là en 2010, à créer et faire prospérer des nouveautés.