Bon, spectaculairement à la bourre sur le blog et sur la critique, je ressors les vieux dossiers. J’ai une bonne dizaine de papiers comme ça dans les cartons, promis, je lance un petit agenda de publication.
Bref, aujourd’hui, nous parlons moralisme financier avec Das Kapital de Viken Berberian.
Wayne est trader à Wall Street. Sa spécialité est la spéculation à la baisse et son bonheur prend source dans les désastres du monde. Surveillant et anticipant les catastrophes, il détecte les valeurs impactées et prend position, devançant les chutes des cours de Bourse. Il rencontre via internet Alix, une jeune étudiante en architecture marseillaise. Leur connaissance commune est le Corse, qui pose des bombes pour le compte de Wayne. Et oui, les cours des bourses suivent les chutes des immeubles.
Tout est là, et cela est suffisant. On prend goût aux interactions un peu lointaines, un peu déconstruites de ces trois personnages. Certes l’intrigue ou quelques situations cèdent à la caricature et la critique du système financier en souffre, mais déjà attaquer ce sujet est caricatural. On sait un peu à mi-roman où tout ça va, et cela n’est pas important. Tout est ailleurs, dans la construction en appositions d’aplats jouant sur les contrastes. La concentration de l’histoire du monde sur les personnages principaux les fait ressortir isolés, un peu déconnectés et finalement en quête d’autre chose. Au bout du compte, on en tire quelque chose.

