Depuis la livraison de ma première bêta je m’attelle à diverse tâches administratives dont la refonte de mon business plan. Les premières raisons m’ayant poussé à le faire étaient très classiques : évolution du discours, du produit, du marché. Bref, l’adaptation permanente d’une entreprise, même en création, à son environnement.
Mais quelque chose de plus profond m’a incité à tout reprendre : je voulais faire un business plan de paysan. C’est-à-dire simple, sans trop de fioritures, du bon sens et de la progressivité dans l’argumentation. Je vais expliquer mon métier, pas la compta.
Les possibilités de dérive dans un BP sont nombreuses.
Je suis ingénieur de formation, on m’a appris à rédiger des cahiers des charges ultra denses en dimensionnant le moindre petit passage de clavette. Dans mon parcours professionnel, j’ai fait de l’analyse fonctionnelle, de l’analyse stratégique, de la bonne grosse compilation de quantités de données pour au final expliquer à des gens qui liraient à peine mon rapport la direction qu’ils n’allaient pas prendre. (oui, pour les lecteurs qui ne connaissent pas le travail d’analyste, c’est à ça qu’il sert : une belle caution intellectuelle qui étaiera in fine une décision qui ne peut être qu’irrationnelle. C’est beau, ça rassure. Comme le consultant McKinsey).
En gros, je sais branler du mou dans les grandes largeurs, et c’est un peu à ça que ressemblait mon business plan.
Après réflexion, il m’intéresse moins d’expliquer à un investisseur que j’ai su calculer ma tréso au 20ème mois ou que l’évolution de ma masse salariale est sûre à 90% que de présenter ma vision du marché dans lequel je me plonge et pourquoi je pense savoir mieux y vivre que les autres.
J’ai déjà vu l’œil navré de financiers ou d’incubateurs car je n’avais pas répondu à certaines questions chiffrées. Qu’on se le dise et que cela soit clair: nombre d’entre elles m’indiffèrent car leur niveau d’incertitude est si flagrant que la moindre conjecture serait à mes yeux un affront à l’intelligence de mes interlocuteurs. Et au minimum à la mienne, ce qui bien sûr me chagrinerait.
Une de mes qualités est de savoir analyser rapidement et m’adapter. Pas calibrer au millimètre une succession d’actions. Moralité, écrire à l’avance et surtout en détails 3 ans de projections est contre ma nature. Je vais donc vendre ce que j’ai à vendre, et trouver l’investisseur qui préfèrera ce type d’entrepreneur.
Alors back to basics, de la synthèse voire de la pudeur dans les chiffres, et du détail dans la vision.

