Des voeux et des humeurs

Bonjour à tous !

Et la très tardive bonne année. Bon ça va, on est que le 23. Emploi du temps chargé de mon côté, ne restez pas trop loin de mon twitter, ça va bouger pas mal.

 

Et alors vous, vous faites quoi pour une meilleure année ?

Oui, c’est un billet d’humeur, un appel, un instant j’y crois et je le dis. L’entrepreneur a toujours un côté rêveur, quoi qu’il vous dise.

 

Mon journal du soir BFM Business m’annonce la fin du monde 5 jours par semaine et dans la rue les commentaires autour du thème « de toute façon avec la crise » ou « en ce moment dans tous les cas » foisonnent. On va pas laisser trainer ça non ?

Vous savez pourquoi j’aime me retrouver avec quelques copains entrepreneurs, ou lors de soirées plus élargies avec d’autres acteurs du web ? Tout simplement car personne dans l’assemblée ne doute qu’il peut faire un peu mieux que la veille, voire un peu mieux que les autres. Et que si ça dérape une fois, ça tiendra une autre. Car ça se lève tous les matins en se demandant comment améliorer le bousin. Et j’aime ça.

Alors je vous repose la question : vous faites quoi pour une meilleure année ? Un truc qui ne dépende pas du triple A, de votre banquier, de votre DAF, patron, femme, mari, enfant, parent ? Je ne dis pas que c’est facile, ou évident. Mais un truc un peu meilleur que d’hab ? Un ? Juste un ? Coupez deux minutes Nagui ou Les Experts, et allez faire un tour. Alors ?

 

Entrepreneur, ça peut se faire partout, même en temps que salarié ou à la maison. Juste une volonté de créer, d’améliorer, là, comme ça. Ouvrier, technicien, cadre, manager, patron, investisseur, papa, maman, comptable, boulanger, médecin, vous allez faire quoi d’un peu différent, ou de carrément meilleur ?

 

Allez, on va pas se la faire piquer par les bouffeurs d’espoir cette année. On va se la secouer par tous les pores, en tirer le meilleur jus. Restez connectés, et faites bouger les lignes !

Pas tant early stage que cela

J’étais hier à l’atelier entrepreneur organisé par la team FrenchWeb, thème « je n’ai pas levé auprès de fonds et tant mieux ! » ou comment sur la base de financements publics arriver à amorcer un minimum – ou plus – le démarrage.

Je fus très agréablement surpris par l’évènement. Du concret, un public bien qualifié pour la conférence, des speakers très à l’écoute pendant leur exposé. J’y ai pris beaucoup de plaisir et tire mon chapeau à l’équipe de FrenchWeb.

Au microphone Nadya Jahan de Mandala Games, éditeur de casual games dont Divinitiz que vous retrouverez sur Facebook ainsi que deux consultants spécialistes du financement public.

Cycle de financement de Mandala Games

Très belle histoire que celle du financement de Mandala.

Après 9 mois de démarches infructueuses auprès de divers fonds, Nadya a réussi à lever auprès de fonds publics et de réseau de prêts d’honneur autour de 225 k€ sans dilution aucune, avec peu de fonds propres et sans CA.

De son propre aveu, elle s’est basée sur deux atouts qu’il me sera difficile de mon côté de mettre en avant :

  • la féminité – les femmes entrepreneurs dans le gaming sont aussi nombreuses que les soutiens de Papendreou au dernier G20
  • la province – les bons business sont moins fréquents et surtout plus répartis sur le territoire qu’à Paris.

Au delà de ces deux arguments dont on voit la difficulté à les généraliser, ce qui est intéressant est qu’on peut lever auprès de fonds publics et pas seulement 10 pauvres k€ pour financer une maquette. A titre d’exemple, Mandala Games a bénéficié de 100 k€ de subventions directes. Et pour les emprunts, OSEO a garanti 100 k€ mis à disposition par deux banques.

Avant de passer aux fonds publics, revenons sur l’histoire du early stage.

Du capital risque plutôt orienté capital développement

Le retour de Nadya, entièrement partagé par ceux qui l’on vécu dans la salle et que les capitaux risqueurs ne prennent pas tant de risques. En fait, disons plutôt qu’ils préfèrent le prendre le plus tard possible dans la vie de l’entreprise. C’est à dire pas à l’amorçage …

J’ai déjà rencontré de manière non officielle quelques fonds et quelques leveurs qui m’avaient fait le même retour: revenez quand vous aurez du chiffre. Oui mais je viens vous voir car j’ai besoin de tant pour faire mon chiffre et sur votre porte il y a marqué amorçage. Oui, mais on préfère financer des sociétés qui ont déjà démarré.

Ah.

Un de mes amis vit en ce moment la même expérience que Nadya : il a présenté son dossier à une trentaine de fonds ou réseau de BA, dont grand max une dizaine un peu hors cible, c’est à dire affichant des montants cibles d’investissement légèrement supérieurs à ces besoins. Ce qui laisse dont une vingtaine de spécialistes de l’amorçage. Seuls 5 ont répondu sur le fonds du dossier, les autres ont tous botté en touche en disant que c’était trop early stage. Alors on peut couper la poire en deux, le cheveu en quatre, et faire subir à la mouche des supplices que ma mère m’interdit rigoureusement de nommer ici (dédicace à Brassens) en détaillant ce que peut être l’early stage, mais la vérité est là : Il n’y pas assez de capitaux riskeurs en amorçage. ils ne prennent par conséquent que les dossiers les plus avancés.

Principe : un investisseur, même en amorçage, ne vous financera que si vous avez déjà avancé.

ou si votre dossier compte parmi les plus rares. Mais la raréfaction des réseaux de BA ou de fonds d’amorçage fait qu’ils voient passer la plupart des dossiers intéressant. Moralité, nous pouvons poser le complément suivant.

Complément : Quel que soit le sujet, un fonds a déjà vu passer un dossier similaire au votre. Ou du moins similaire vu de l’execuvite summary.

Le early stage n’est donc pas si early que çà.

Deux enseignements donc :

  • De la frugalité : sachez développer low cost avec le moins de moyens possibles
  • Utilisez les ressources publiques !

Combien coûte une levée auprès de fonds publics ?

L’astuce est de prendre un consultant. Du moins, c’est ce que nous ont dit les consultants présents. ;)

Ca coûte un peu de pognon, mais vu qu’il maitrise les arcanes administratives et sait comment adapter votre discours aux attentes des services concernés, c’est du temps de gagné et surtout l’augmentation significative de la probabilité de levée.

Quelques métriques :

  • Compter 2 à 3k€ de fixe
  • 2 à 4% des sommes levées dans le cadre d’avances remboursables
  • 6 à 8% des sommes levées dans le cadre de budgets européens
  • 10 à 15 % pour les subventions classiques, dont les régions

Et enfin cerise sur le gâteau, à laquelle j’ai moins porté attention car peu concerné à très court terme (mais j’ai bien enregistré les coordonnées de la consultante pour la suite) : vous pouvez également bénéficier d’aides non négligeables pour la formation de vos collaborateurs. Et quand on parle de formation, on parle aussi de prise de poste.

Et oui, recruter quelqu’un, c’est une formation implicite pour l’adapter à ses nouvelles responsabilités. Vous pouvez par exemple récupérer de 5 à 7 k€ par nouveau salarié. Plutôt pas mal non ?

En définitive, quels conseils pour se financer hors fonds d’investissement ?

En vrac :

  • Être une femme en province, et je crois que ça marche pour beaucoup de sujets
  • Être en province toute court, ce fut le mot d’ordre de la soirée. Par exemple, les enveloppes OSEO sont aussi importantes en Rhône-Alpes qu’en Ile-de-France pour dix fois moins de demandes.
  • prendre un consultant qui repackagera votre dossier
  • les enveloppes sont toutes bouffées en fin d’année, compter sur une reprise d’arrivée des fonds fin février
  • pour les budgets européens, en profiter un max pour 2012. Il y aura un creux en 2013 et 2014 dus à la fin de cycles de financements pluri-annuels.
  • Pour les emprunts bancaires, faire porter le risque sur deux banques.
  • Dans tous les cas, mettre en concurrence les banques avant un emprunt.
  • les dossiers agrément recherche doivent impérativement déposé avant le mois de juin, et ils sont rétroactifs sur l’année en cours.

Groupon, Facebook Deals, Yelp : ne pas tuer le coupon trop vite

Si vous avez un compte twitter avec plus de dix followings dans la thématiques web, vous n’avez surement pas raté les news suivantes:

  • Groupon irait très mal,
  • Facebook retire quasiment après son lancement Facebook Deals
  • Yelp! sort aussi du couponing

Je ne vous remet pas les liens, ils pullulent sur la toile, vu la taille de mon lectorat et la fréquence de mes publications, si vous êtes là c’est que vous êtes déjà au courant et ce ne sont pas les backlinks sur ce blog qui me préoccupent en ce moment.

Petite intuition avant de rentrer dans le dur de l’article : attendons la réplique à venir en provenance de Facebook. Rappelez-vous que Google a pris le bouillon avec Wave et Buzz. Et voyez les évolutions depuis, grâce à ces projets, sur gmail, et l’apport incontestable de Google + aux fonctionnalités des réseaux sociaux. N’enterrez pas le Facebook Deals trop vite. Je pense qu’il reviendra, sous une autre forme.

Revenons à notre sujet : la défaillance du coupon.

Tout public étant inconstant, et pouvant d’un geste élever ses idoles aux cieux pour mieux les jeter ensuite à terre, après l’encensement de Groupon vient l’hallali. Ils méritent, mais tout n’est pas dit.

J’ai toujours pensé que Groupon s’y prennent comme des manches pour créer leurs offres. Comme beaucoup je ne compte plus le nombre de fois où j’ai du décliner une offre d’épilation définitive, de lissage brésilien et autres finasseries qui rendent le corps des femmes doux. C’est certes intéressant pour mon hétérosexualité mais peu pour mes décisions d’achat.

Mais je ne pense pas que le modèle du coupon soit mort sous prétexte que des dizaines de me-too copient le modèle perfectible du leader en difficulté.

Coupon – La vente opportuniste : un faux problème

L’argument de la fidélisation des consommateurs pour le commerçant est un vrai point. Il est reproché aux Groupon-like de ne générer que des ventes opportunistes. Certes. Mais les promotions ont toujours existé, les soldes également, et nul ne conteste l’aspect opportuniste de telles opérations.

Un exemple tout bête: je suis en train de renouveler ma literie. Il est certain que je vais acheter chez celui qui saura me servir un produit que j’attends avec une offre plus intéressante que les autres. Ça n’est pas la répétition des achats qui va m’étouffer, à 1500€ je compte bien en prendre au moins pour 15 ans. Et pourtant, c’est bien la meilleure promo qui va l’emporter, et le nombre de magasins de literie par zone commerciale atteste de la bonne santé des réseaux concernés.

Je mange régulièrement grâce à La Fourchette dans des restos qui m’ont fait une promo, et qui s’ils n’en n’avaient pas fait ne m’auraient pas forcément vu. Je vous garantis qu’ils vont très bien. S’ils ne fidélisent pas (quoi que), ils font de la pub. Et s’ils ne font ni l’un ni l’autre: c’est pas la promo qui est en cause, c’est qu’ils sont mauvais !

Le problème n’est donc pas tant dans la vente opportuniste que dans le calibrage des opérations de promotions.

Et oui, comme le dit mon copain Olivier, le pragmatisme compte beaucoup. Attirer de nouvelles cibles oui. Accepter que ce soit de manière opportuniste oui aussi. Faire en sorte de remplir un resto aux moments creux oui aussi. Ah. Tout est là. Le coupon c’est comme une promo: si ce n’est pas fait pour attirer le client, c’est fait pour couvrir à un moment donné des coûts fixes. (ou écouler du stock selon les business).

Il faut juste bien calibrer les choses.

Coupon versus vente événementielle

Qui conteste l’excellente santé de Vente Privée ?

Qui conteste l’aspect opportuniste de nombreux achats réalisés sur Vente Privée ?

Qui n’a pas déjà attendu pour renouveler ses couverts, ses caleçons, ses pulls la bonne vente ?

Qui doute qu’entre la promo et la coûteuse commission de Vente Privée la marge du vendeur n’est pas sérieusement érodée ?

Et pourtant tout va bien. Et pourtant, je vous le cite de mémoire, le chiffre serait à vérifier, 50% des acheteurs de Vente Privée se rendent ensuite en boutique pour voir la marque concernée. Il y a donc de l’acquisition de consommateurs. Il y a donc du repeat business.

On ne vend certes pas des sushis comme on vend des chemises. Quoi que le bon sens soit un outil aussi déterminant dans l’un et l’autre cas.

Mais pourquoi ce qui marcherait sur Vente Privée ne marcherait pas dans le coupon ?

Pourquoi ? Le problème ne vient-il pas des acteurs du marché plutôt que du marché lui-même ?

Ma conclusion sur le couponging

Le problème n’est donc pas dans le fait que des intermédiaires proposent à des commerçants de distribuer leurs bons de réduction, et de faire en sorte de les communiquer au plus grand nombre d’acheteurs possible.

Le problème n’est pas dans la promo ou le repeat business.

Le problème est dans le comportement des dits intermédiaires, les marchands de coupons. Tromper le plus vite possible le plus de commerçants n’ayant pas eu les bons réflexes ne fait pas un business pérenne. Ça paye la grande baraque et les vacances à vie si on est un peu malin et rapide, mais ça n’élève pas l’âme, ni ne fait progresser le marché.

Groupon et tous les copistes sont-ils en difficulté ? Oui

Cela vient-il de leurs méthodes ? Je le crois.

Y-a-t-il une autre voie à trouver ? Oui

Entreprendre: un business-plan de paysan

Depuis la livraison de ma première bêta je m’attelle à diverse tâches administratives dont la refonte de mon business plan. Les premières raisons m’ayant poussé à le faire étaient très classiques : évolution du discours, du produit, du marché. Bref, l’adaptation permanente d’une entreprise, même en création, à son environnement.

Mais quelque chose de plus profond m’a incité à tout reprendre : je voulais faire un business plan de paysan. C’est-à-dire simple, sans trop de fioritures, du bon sens et de la progressivité dans l’argumentation. Je vais expliquer mon métier, pas la compta.

Les possibilités de dérive dans un BP sont nombreuses.

Je suis ingénieur de formation, on m’a appris à rédiger des cahiers des charges ultra denses en dimensionnant le moindre petit passage de clavette. Dans mon parcours professionnel, j’ai fait de l’analyse fonctionnelle, de l’analyse stratégique, de la bonne grosse compilation de quantités de données pour au final expliquer à des gens qui liraient à peine mon rapport la direction qu’ils n’allaient pas prendre. (oui, pour les lecteurs qui ne connaissent pas le travail d’analyste, c’est à ça qu’il sert : une belle caution intellectuelle qui étaiera in fine une décision qui ne peut être qu’irrationnelle. C’est beau, ça rassure. Comme le consultant McKinsey).

En gros, je sais branler du mou dans les grandes largeurs, et c’est un peu à ça que ressemblait mon business plan.

Après réflexion, il m’intéresse moins d’expliquer à un investisseur que j’ai su calculer ma tréso au 20ème mois ou que l’évolution de ma masse salariale est sûre à 90% que de présenter ma vision du marché dans lequel je me plonge et pourquoi je pense savoir mieux y vivre que les autres.

J’ai déjà vu l’œil navré de financiers ou d’incubateurs car je n’avais pas répondu à certaines questions chiffrées. Qu’on se le dise et que cela soit clair: nombre d’entre elles m’indiffèrent car leur niveau d’incertitude est si flagrant que la moindre conjecture serait à mes yeux un affront à l’intelligence de mes interlocuteurs. Et au minimum à la mienne, ce qui bien sûr me chagrinerait.

Une de mes qualités est de savoir analyser rapidement et m’adapter. Pas calibrer au millimètre une succession d’actions. Moralité, écrire à l’avance et surtout en détails 3 ans de projections est contre ma nature. Je vais donc vendre ce que j’ai à vendre, et trouver l’investisseur qui préfèrera ce type d’entrepreneur.

Alors back to basics, de la synthèse voire de la pudeur dans les chiffres, et du détail dans la vision.

Journal d’un entrepreneur: alors cette beta privée ?

Je vous l’avais annoncé fin janvier, j’ai changé d’équipe technique et suis reparti d’un presque zéro.

Je m’étais promis également de sortir une beta privée en mars. Alors quel bilan ?

Job done !

Rien n’est jamais parfait, quelques heurts, quelques à-coups, mais au final, j’ai en main une version opérationnelle, qui remplit sa double fonction à l’image de mes deux objectifs du moment :

  1. premiers utilisateurs pour des premiers retours,
  2. présentations à de potentiels investisseurs.

Côté investisseurs, en quelques jours, j’ai déjà pu réaliser plusieurs pitchs, dont un qui peut-être débouchera sur quelques choses d’intéressant.

Côté users, j’ai assis plusieurs de mes proches sur une chaise pour les voir utiliser cette première beta, et j’ai déjà des premiers axes d’améliorations intéressants. J’élargirai avec le temps ce cercle restreint de beta testeurs.

Les choses avancent.

Je vais en profiter pour sortir la tête du guidon technico-fonctionnel, monter quelques dossiers administratifs et structurer encore mieux ce projet, dont finalement vous ne savez encore presque rien.

Prochaine étape majeure : beta publique en juin !

Mais d’autres jalons intermédiaires seront posés d’ici là. Stay tuned !

Plyce: du check-in social au coupon local

Plyce logo

Demain, Plyce devrait basculer son service du check-in social et ludique vers les offres locales. Ce repositionnement fait suite à une double annonce:

  • Fusion avec Promogaïa
  • Nouvelle levée de 600 k€

Cette évolution est intéressante et confirme plusieurs signaux en provenance du marché de la géolocalisation qui seront détaillés dans un prochain billet. Revenons à Plyce.

Au sommaire:

  • De la nécessité de sortir du check-in social
  • Vers le coupon local
  • Vers une stratégie de sortie

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L’entrepreneur est un sisyphe

Sisyphe entrepreneur

Pensée rapide avant de retourner me faire retaper quelques dents malades par mon enthousiaste dentiste.

D’une vague histoire de divergence de points de vue avec de colériques divinités, Sisyphe fut condamné à rouler sans fin une pierre au sommet d’une colline au sommet de laquelle il n’arrivait jamais. Sa charge lui échappait alors, requérant de sa part de reprendre depuis la base son ascension.

L’entrepreneur est un sisyphe, qui souvent avant d’arriver au sommet qu’il s’est fixé voit son travail jeté à terre par une réaction de la concurrence, une évolution du contexte réglementaire, une défaillance interne.

Alors,  bien évidemment, à la différence du héros maudit, sa tâche ne repart que peu depuis la base, le travail de l’entrepreneur est même de faire en sorte qu’un échec temporaire soit limité, voire un facteur de réussite. Il doit faciliter ses paliers qui assureront un rebond plus aisé, comme il doit également savoir s’entourer, afin que des bras suppléent les siens lors de ses inévitables fatigues.

De tous ces éléments qui font qu’un entrepreneur redémarrera plus vite ou réagira plus rapidement dépend le succès, et je dirai même, à l’image de l’école américaine, que voir échapper sa pierre et la remonter ensuite est une condition nécessaire au succès suivant.

L’entrepreneur est un sisyphe, et le camusien que je suis ne peut que rejoindre le philosophe quand il affirme qu’il faut imaginer Sisyphe heureux.

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

3DSecure, e-commerce et banque en ligne

Quand on est acteur du web, voire de toute profession, il est parfois intéressant d’être mis du côté du consommateur sans en avoir le choix. C’est cette histoire que je viens conter, elle se passe dans le délicat monde du 3DSecure. Et votre banquier n’en ressort pas grandi.

Au sommaire:

  • Petit rappel de 3DSecure
  • Sa mise en place difficile côté paiement en ligne
  • Son parfait déploiement côté banque en ligne
  • Un banquier reste un banquier

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Du positionnement des sites e-commerce

Je fais suite à l’article polémique d’Olivier Lévy, quelqu’un que j’aime bien et qui entreprend à sa manière : entier, gonades incluses. Et ils s’en sert pour balancer sur l’hypocrisie des agences SEO.

Au lieu de faire un commentaire qui aurait pu faire diverger le débat, je le reprends ici.

Olivier considère qu’une agence SEO qui accepte d’accompagner un nouvel entrant sur des requêtes ultra compétitives présente un fort défaut dans son rôle de conseil. Non, jeune e-commerçant, tu n’as aucune chance, et j’ai bien dit aucune, d’arriver un jour en première page sur « cosmétique bio » « gode en verre » ou « mémoire RAM ». Sauf si tu as un budget qui envoie au-delà du million d’euro juste pour la com. Et encore, il te faudra au moins une paire d’année pour avoir une position honorable. Pub perso: si tu as un tel budget, que tu es nouveau sur le marché, investis plutôt chez moi, je lève des fonds fin du 1er semestre 2011.

Alors il est frustrant de voir que les conseils divers acceptent de travailler pour des créateurs qui ont 10k€ de buget à tout casser sans leur dire la vérité.

L’étude de marché est nécessaire aussi pour un e-commerce

Mais le problème est plus profond,  dépasse le problème de l’agence SEO, ou de l’agence graphiste, ou de l’agence technique. Le problème est l’étude de marché. C’est qu’il doit être établi pour tout entrepreneur débutant qu’il est impossible de lancer un site e-commerce généraliste dans sa catégorie. Ca n’est pas qu’il est seulement impossible d’être premier sur Google sur « PC jeux », c’est qu’il est impossible de percer tout court sur ce marché. C’est pris. C’est comme ça. Faites votre étude de marché, voyez les concurrents, leurs gammes, leur positionnement, leurs moyens. Tirez-en vos conclusions.

Pensez-vous être meilleurs que rueducommerce, materiel.net, pixmania ? D’une manière générale ? Et bien c’est pareil pour votre référencement naturel.

Vous voulez faire de l’e-commerce ?

Trouvez-vous une niche peu exploitée, un axe différenciant (un produit mieux fini ou moins cher, un service en plus, du conseil poussé si le produit est technique, une éthique de production). Vous serez toujours à temps d’élargir la cible par la suite. Patrice Cassard ne se rêvait pas adolescent en vendeur de chaussettes. Mais il adore la vente en ligne. Il a choisi. Et vous ?

Vous voulez absolument vendre des cosmétiques bio ?

C’est votre droit, sans doute votre plaisir. Trouvez alors à vous implanter en local. Faites un magasin physique dans un quartier bobo de votre ville, il y a encore de la place. Vous aurez de meilleures facilités à emprunter auprès de votre banque.

Et là vous pourrez compléter par un petit site en ligne, mais vous ne prendrez que peu de risques car toute la partie commerce sera déjà amortie par votre boutique physique. Et spécifiez encore. L’huile d’argan, c’est déjà pris. Mais je suis sûr que certaines gammes, ou certains labels, bénéficient d’une présence moins forte, d’une pression moins importante. Observez. Identifiez. Spécifiez votre boutique en ligne sur ce thème. Apprenez à vivre d’un petit trafic, mais très ciblé avec un fort taux de transformation.

Apprenez à renoncer

Si votre étude de marché vous montre qu’il est très difficile de percer, qu’il existe des concurrents nombreux avec la même approche que la votre, ou qu’ils ont des moyens très largement supérieurs aux vôtres, si vous ne voyez pas de manière de vous différencier fortement ou de cibler une niche qui pourra s’élargir : renoncez.

J’avais en tête il y a un an un site proche d’un Groupon. Pas exactement le modèle, mais suffisamment proche pour être en concurrence directe et frontale. J’étais alors salarié, j’ai perdu du temps. Puis Groupon a explosé les scores. J’ai jeté trois mois de boulot à la poubelle. Je ne sais pas si j’ai eu raison ou tort. Je pense avoir eu raison. Mais je n’en ai pas la certitude. Sachez utiliser, quand il est étayé, ce fort doute pour renoncer au bon moment: ça n’est pas du temps perdu.

L’agence SEO est-elle hypocrite ?

Retour sur le débat lancé par Olivier.

Une obligation de moyen, c’est une obligation de conseil

La problématique d’une agence SEO sur des requêtes généraliste est qu’elle ne pourra s’engager que sur des obligations de moyens, à concurrence de ce que vous allez payé rapporté à leur taux horaire / journalier. Bref, ils ne pourront pas s’engager sur une première page pour votre requête. Et ils sont très peu à s’engager sur une première page, sur une requête ciblé. Une agence SEO signe très rarement une obligation de résultats en première page. Tout simplement car il faut beaucoup de temps, que les règles changent, qu’il faut s’adapter à Google, à vos concurrents, et qu’il est difficile de prédire s’il faudra 6 mois, un an ou deux ans pour que votre requête explose. Et elle ne s’engagera jamais sur une requête généraliste.

Oui mais alors ?

Alors c’est simple. S’engager sur une obligation de moyens impose une obligation de conseil. Si vous me payez et que je ne suis pas sûr du résultat que je vais obtenir, je me dois de vous en expliquer les contraintes. Un cas typique est le médecin. Il ne peut pas vous guérir de tout. Il a une obligation de moyen. S’il pense rencontrer une incertitude, il vous la présente. S’il pense que cette incertitude, y compris liée aux actes qu’il va entreprendre, peut impacter votre santé à court ou long terme, il vous l’explique en détail. Mais vous savez qu’il va tout mettre en œuvre pour améliorer votre état, au pire, vous guérir, au mieux. C’est cela, une obligation de moyen assorti d’une obligation de conseil.

Impact d’une obligation de conseil sur les prestataires

Une agence doit vous prévenir qu’elle ne pourra pas vous positionner en première page sur cosmétique bio. C’est frustrant pour vous, mais si elle vous amène à ce constat, c’est sans doute que vous devez repositionner votre modèle. Voir le chapitre précédent.

Vous pouvez certes insister. Alors une bonne agence vous fera progresser. Peut-être que vous pourrez atteindre une quatrième page au bout d’un an, ce qui ne changera strictement rien à votre chiffre d’affaires. Mais sans doute que cela vous permettra de performer sur une requête ultra ciblée à laquelle vous n’aviez pas pensé. Ce qui est sûr, c’est que si votre analyse de marché vous avait dès le début fait ressortir cette cible, vous auriez mieux orienté la stratégie globale de votre site, vous auriez gagné beaucoup de temps et perdu beaucoup moins d’argent. L’agence vous aura indirectement aidé à trouver, mais à quel prix ?

Alors oui, une agence qui ne vous dit pas tout ça est hypocrite. Car elle le sait beaucoup mieux que moi. Et failli donc dans son obligation de conseil.

Mais si après tout ça, après plusieurs explications, plusieurs argumentations, vous voulez absolument perdre 4000 €, et même beaucoup plus car si vous avez lu tout le reste, vous savez que la faille est dans la stratégie globale, alors là ce n’est plus le problème de l’agence: c’est le votre.

Retour sur le salon des entrepreneurs

J’étais semaine dernière au salon des entrepreneurs, détour que je recommande à tous les wanabee ou en cours de création lors des prochaines programmations. Grosso modo, les exposants sont divisés en administrations nationales ou régionales, les banques et assurances, les franchises, un coin innovations.

Pourquoi faut-il s’y rendre ? Car vous allez rencontrer, dans leur domaine, des gens qui vous aideront à comprendre qui le CIR, qui le NACCRE, qui le support de la région. En quelques heures réparties sur deux jours, vous en apprendrez plus qu’en fouillant les sites web peu clairs des organismes concernés. Tout ça gratuitement, hors votre temps bien sûr.

On ressort de là avec un certain optimisme quant à notre capacité à affronter la nébuleuse française des droits et devoirs du créateurs.

Alors oui, dans le lot vous avez le fonctionnaire retranché derrière ses textes et qui n’a aucune envie d’en sortir, vous avez également l’investisseur qui ne veut prendre aucun risque (gné ?), sans parler du suceur de moelle qui vous propose de monter je ne sais quel dossier pour un bras trois quart.

Mais je suis aussi également tombé sur:

  • une personne des impôts qui veut toute faire pour que les entrepreneurs honnêtes aient toutes les billes avant contrôle, et qui considère que son métier est avant tout le conseil amont que le redressement en aval.
  • une personne d’un ministère dont j’ai oublié le nom qui met toute sa détermination à vous expliquer les dispositifs d’aide au créateur au chômage, et qui ne vous lâche pas tant que vous avez des questions
  • une personne de la région Ile de France, qui veut absolument vous informer sur toutes les aides dont vous disposerez en venant vous installer, et dans quelle ordre les demander vis-à-vis des autres acteurs régionaux ou nationaux.
  • et d’autres encore motivés par leur présence au salon.

Bref, que des gens qui ne sont pas payés au variable, mais qui souhaitent juste faire bien leur boulot, et favoriser à leur échelle l’entreprenariat. Et quand on voit le ramassis de frileux et de peine-à-jouir que le créateur normal rencontre au quotidien, ça fait un bien fou et donne une  bonne patate. Non il n’y a pas que des glands dans l’administration, il y a aussi des gens qui croient à leur métier, et surtout au votre.