Du positionnement des sites e-commerce

Je fais suite à l’article polémique d’Olivier Lévy, quelqu’un que j’aime bien et qui entreprend à sa manière : entier, gonades incluses. Et ils s’en sert pour balancer sur l’hypocrisie des agences SEO.

Au lieu de faire un commentaire qui aurait pu faire diverger le débat, je le reprends ici.

Olivier considère qu’une agence SEO qui accepte d’accompagner un nouvel entrant sur des requêtes ultra compétitives présente un fort défaut dans son rôle de conseil. Non, jeune e-commerçant, tu n’as aucune chance, et j’ai bien dit aucune, d’arriver un jour en première page sur « cosmétique bio » « gode en verre » ou « mémoire RAM ». Sauf si tu as un budget qui envoie au-delà du million d’euro juste pour la com. Et encore, il te faudra au moins une paire d’année pour avoir une position honorable. Pub perso: si tu as un tel budget, que tu es nouveau sur le marché, investis plutôt chez moi, je lève des fonds fin du 1er semestre 2011.

Alors il est frustrant de voir que les conseils divers acceptent de travailler pour des créateurs qui ont 10k€ de buget à tout casser sans leur dire la vérité.

L’étude de marché est nécessaire aussi pour un e-commerce

Mais le problème est plus profond,  dépasse le problème de l’agence SEO, ou de l’agence graphiste, ou de l’agence technique. Le problème est l’étude de marché. C’est qu’il doit être établi pour tout entrepreneur débutant qu’il est impossible de lancer un site e-commerce généraliste dans sa catégorie. Ca n’est pas qu’il est seulement impossible d’être premier sur Google sur « PC jeux », c’est qu’il est impossible de percer tout court sur ce marché. C’est pris. C’est comme ça. Faites votre étude de marché, voyez les concurrents, leurs gammes, leur positionnement, leurs moyens. Tirez-en vos conclusions.

Pensez-vous être meilleurs que rueducommerce, materiel.net, pixmania ? D’une manière générale ? Et bien c’est pareil pour votre référencement naturel.

Vous voulez faire de l’e-commerce ?

Trouvez-vous une niche peu exploitée, un axe différenciant (un produit mieux fini ou moins cher, un service en plus, du conseil poussé si le produit est technique, une éthique de production). Vous serez toujours à temps d’élargir la cible par la suite. Patrice Cassard ne se rêvait pas adolescent en vendeur de chaussettes. Mais il adore la vente en ligne. Il a choisi. Et vous ?

Vous voulez absolument vendre des cosmétiques bio ?

C’est votre droit, sans doute votre plaisir. Trouvez alors à vous implanter en local. Faites un magasin physique dans un quartier bobo de votre ville, il y a encore de la place. Vous aurez de meilleures facilités à emprunter auprès de votre banque.

Et là vous pourrez compléter par un petit site en ligne, mais vous ne prendrez que peu de risques car toute la partie commerce sera déjà amortie par votre boutique physique. Et spécifiez encore. L’huile d’argan, c’est déjà pris. Mais je suis sûr que certaines gammes, ou certains labels, bénéficient d’une présence moins forte, d’une pression moins importante. Observez. Identifiez. Spécifiez votre boutique en ligne sur ce thème. Apprenez à vivre d’un petit trafic, mais très ciblé avec un fort taux de transformation.

Apprenez à renoncer

Si votre étude de marché vous montre qu’il est très difficile de percer, qu’il existe des concurrents nombreux avec la même approche que la votre, ou qu’ils ont des moyens très largement supérieurs aux vôtres, si vous ne voyez pas de manière de vous différencier fortement ou de cibler une niche qui pourra s’élargir : renoncez.

J’avais en tête il y a un an un site proche d’un Groupon. Pas exactement le modèle, mais suffisamment proche pour être en concurrence directe et frontale. J’étais alors salarié, j’ai perdu du temps. Puis Groupon a explosé les scores. J’ai jeté trois mois de boulot à la poubelle. Je ne sais pas si j’ai eu raison ou tort. Je pense avoir eu raison. Mais je n’en ai pas la certitude. Sachez utiliser, quand il est étayé, ce fort doute pour renoncer au bon moment: ça n’est pas du temps perdu.

L’agence SEO est-elle hypocrite ?

Retour sur le débat lancé par Olivier.

Une obligation de moyen, c’est une obligation de conseil

La problématique d’une agence SEO sur des requêtes généraliste est qu’elle ne pourra s’engager que sur des obligations de moyens, à concurrence de ce que vous allez payé rapporté à leur taux horaire / journalier. Bref, ils ne pourront pas s’engager sur une première page pour votre requête. Et ils sont très peu à s’engager sur une première page, sur une requête ciblé. Une agence SEO signe très rarement une obligation de résultats en première page. Tout simplement car il faut beaucoup de temps, que les règles changent, qu’il faut s’adapter à Google, à vos concurrents, et qu’il est difficile de prédire s’il faudra 6 mois, un an ou deux ans pour que votre requête explose. Et elle ne s’engagera jamais sur une requête généraliste.

Oui mais alors ?

Alors c’est simple. S’engager sur une obligation de moyens impose une obligation de conseil. Si vous me payez et que je ne suis pas sûr du résultat que je vais obtenir, je me dois de vous en expliquer les contraintes. Un cas typique est le médecin. Il ne peut pas vous guérir de tout. Il a une obligation de moyen. S’il pense rencontrer une incertitude, il vous la présente. S’il pense que cette incertitude, y compris liée aux actes qu’il va entreprendre, peut impacter votre santé à court ou long terme, il vous l’explique en détail. Mais vous savez qu’il va tout mettre en œuvre pour améliorer votre état, au pire, vous guérir, au mieux. C’est cela, une obligation de moyen assorti d’une obligation de conseil.

Impact d’une obligation de conseil sur les prestataires

Une agence doit vous prévenir qu’elle ne pourra pas vous positionner en première page sur cosmétique bio. C’est frustrant pour vous, mais si elle vous amène à ce constat, c’est sans doute que vous devez repositionner votre modèle. Voir le chapitre précédent.

Vous pouvez certes insister. Alors une bonne agence vous fera progresser. Peut-être que vous pourrez atteindre une quatrième page au bout d’un an, ce qui ne changera strictement rien à votre chiffre d’affaires. Mais sans doute que cela vous permettra de performer sur une requête ultra ciblée à laquelle vous n’aviez pas pensé. Ce qui est sûr, c’est que si votre analyse de marché vous avait dès le début fait ressortir cette cible, vous auriez mieux orienté la stratégie globale de votre site, vous auriez gagné beaucoup de temps et perdu beaucoup moins d’argent. L’agence vous aura indirectement aidé à trouver, mais à quel prix ?

Alors oui, une agence qui ne vous dit pas tout ça est hypocrite. Car elle le sait beaucoup mieux que moi. Et failli donc dans son obligation de conseil.

Mais si après tout ça, après plusieurs explications, plusieurs argumentations, vous voulez absolument perdre 4000 €, et même beaucoup plus car si vous avez lu tout le reste, vous savez que la faille est dans la stratégie globale, alors là ce n’est plus le problème de l’agence: c’est le votre.

Retour sur le salon des entrepreneurs

J’étais semaine dernière au salon des entrepreneurs, détour que je recommande à tous les wanabee ou en cours de création lors des prochaines programmations. Grosso modo, les exposants sont divisés en administrations nationales ou régionales, les banques et assurances, les franchises, un coin innovations.

Pourquoi faut-il s’y rendre ? Car vous allez rencontrer, dans leur domaine, des gens qui vous aideront à comprendre qui le CIR, qui le NACCRE, qui le support de la région. En quelques heures réparties sur deux jours, vous en apprendrez plus qu’en fouillant les sites web peu clairs des organismes concernés. Tout ça gratuitement, hors votre temps bien sûr.

On ressort de là avec un certain optimisme quant à notre capacité à affronter la nébuleuse française des droits et devoirs du créateurs.

Alors oui, dans le lot vous avez le fonctionnaire retranché derrière ses textes et qui n’a aucune envie d’en sortir, vous avez également l’investisseur qui ne veut prendre aucun risque (gné ?), sans parler du suceur de moelle qui vous propose de monter je ne sais quel dossier pour un bras trois quart.

Mais je suis aussi également tombé sur:

  • une personne des impôts qui veut toute faire pour que les entrepreneurs honnêtes aient toutes les billes avant contrôle, et qui considère que son métier est avant tout le conseil amont que le redressement en aval.
  • une personne d’un ministère dont j’ai oublié le nom qui met toute sa détermination à vous expliquer les dispositifs d’aide au créateur au chômage, et qui ne vous lâche pas tant que vous avez des questions
  • une personne de la région Ile de France, qui veut absolument vous informer sur toutes les aides dont vous disposerez en venant vous installer, et dans quelle ordre les demander vis-à-vis des autres acteurs régionaux ou nationaux.
  • et d’autres encore motivés par leur présence au salon.

Bref, que des gens qui ne sont pas payés au variable, mais qui souhaitent juste faire bien leur boulot, et favoriser à leur échelle l’entreprenariat. Et quand on voit le ramassis de frileux et de peine-à-jouir que le créateur normal rencontre au quotidien, ça fait un bien fou et donne une  bonne patate. Non il n’y a pas que des glands dans l’administration, il y a aussi des gens qui croient à leur métier, et surtout au votre.

Journal d’un entrepreneur: Savoir repartir de zéro (ou presque)

Je me suis lancé sur la voie de l’entreprenariat il y a maintenant 6 mois.

Après un début relativement rapide, premières specs, premières présentations, premières maquettes, j’ai connu une belle phase de patinage. Vous savez, ce moment où les roues avant sont coincées dans la boue et vous appuyez comme un gland sur l’accélérateur avec pour seuls effets notables d’envoyer à tout-va de lourdes goûtes d’un marron douteux et de vous énerver davantage. Vous voyez ? La même, mais en startup.

Bref, les livraisons techniques se tarirent, les incertitudes diverses apparurent. Sans parler de la phase durant laquelle il faut trouver un nom. Et ça peut être long de trouver un nom.

J’ai donc profité d’une belle bronchite en fin d’année pour prendre du recul et de mon mois de janvier pour réorganiser :

  • changement d’équipe technique. Des gens très biens m’ont aidé gratuitement, mais à ce prix là vous passez après le reste. Il arrive donc un moment où il faut des objectifs de réussite et du paiement en contrepartie. J’ignore, à l’époque où je vendais une solution de paiement, combien de fois j’ai conseillé à des e-commerçants débutants de ne pas passer par l’ami – même très compétent – qui fait ça le soir mais par une agence pro. Comme quoi, on peut donner de bons conseils et les oublier pour soi.
  • changement d’objectifs. Je n’oriente plus les développements vers une maquette destinée à lever de l’argent mais vers une béta privée à destination des clients et uniquement des clients. Je ne travaille pas pour les investisseurs mais pour les clients.  Et si les premiers vont m’aider à toucher les seconds, ils ne peuvent en aucun cas être le centre des attentions.

Du coup les spécifications ne sont plus les mêmes, on repart donc d’un presque zéro. Uniquement presque, car la courbe d’apprentissage pour moi et les compétences restantes est là. Et nul ne peut chiffrer a priori la valeur de celle-ci. Quand nous réussirons, je suis persuadé que nous attribuerons le succès également à cette phase d’assimilation.

Je vais me donner jusqu’à fin mars pour faire redémarrer le projet avec cette équipe recomposée et ces nouveaux objectifs. J’ai la certitude qu’il fallait faire cette remise en question.

Si j’avais à tirer deux leçons pour les entrepreneurs débutants (c’est-à-dire comme moi, mais six mois plus jeunes :) ):

  • Concentrez-vous sur votre activité, votre client. Dès le début.
  • Sachez faire un constat d’erreur, et redémarrer ensuite.

Pour reprendre la métaphore introductive, j’ai pris le temps de couper le moteur, de descendre de la voiture, de prendre une grosse planche de bois, de la mettre sous les roues pour sortir doucement le véhicule de l’ornière. C’est ce que je suis en train de faire. Nous verrons ensuite si j’ai trop perdu de temps dans la course.

3 mois de perdus ?

Ou pas.

Car je compte bien être là en mars pour la lancer la béta privée.

MeetU au Webdeux.Connect 2010

Logo webdeux.connect 2010

Le week-end dernier se tenait le Webdeux.connect 2010, évènement réunissant des acteurs du web de diverses obédiences, du startuper au blogueur en passant par le prestataire ou le journaliste.

J’y étais pour présenter en avant-première le projet MeetU, nom de code d’un service de géolocalisation que je porte entouré d’une équipe chauffée à blanc.

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Consolidation des données des services de géolocalisation

Avec l’explosion des check-in services ou location-bases services, une nouvelle vague d’acteurs nait, basée sur un besoin des annonceurs: la consolidation des données provenant des services de localisation.

Depuis la sortie de Facebook Places et l’explosion de Foursquare, et dans l’aspiration tous ses concurrents, des millions de consommateurs ont la possibilité de déclarer l’endroit dans lequel ils se trouvent via leur téléphone mobile. Pour l’instant, la chose reste à portée sociale – voir qui est près de moi ou qui est passé par là – ou ludique – vaste concours de check-in. Mais les acteurs de ce marché vont avoir besoin de s’orienter vers un business model pérenne et intéressant pour le consommateur. La fidélisation via le check-in en est un, et il contient beaucoup d’intérêts.

Les annonceurs et les propriétaires de commerces vont donc avoir de sérieux besoins en gestion des données consommateurs. Qui checke dans Gowalla, dans Plyce, qui est maire dans sa boutique sur Foursquare, ou qui a lolé sur Facebook à cet endroit ? Si je suis annonceur, comment les cibler ? Que puis-je leur apporter comme services ? Comment communiquer auprès d’eux au travers de toutes ces plateformes ?

Des sociétés commencent donc à se positionner pour répondre à ses questions, citons par exemple PlacePunch ou Context Optional. Sans pour l’instant comparer ces entreprises et leurs différences stratégiques, je pense qu’il y aura un vrai marché dans la consolidation des données en provenance des services de géoloc, d’autant que je suis persuadé que les check-in services ludiques n’auront pas d’autres choix que d’aller vers de la promotion et de la fidélisation. Un billet est en préparation sur ce sujet. Il faudra donc piloter ses campagnes, les comparer, trouver quel service sera le meilleur selon les besoins (promotion flash, fidélisation, parrainage, couponing, etc..).

Pour faire un parallèle avec le monde de l’e-commerce, nous allons nous retrouver dans la même situation que les comparateurs de prix. Une multiplicité de comparateurs existent, avec leurs spécificités, et les e-marchands veulent naturellement être présents sur beaucoup d’entre eux, et surtout piloter leur présence, en analysant lesquels sont les plus performants et quels produits, quelles compagnes marchent mieux sur tel ou tel service. De très bons outils de gestion de flux des comparateurs existent pour ce faire. (pub gratuite pour les poteaux, c’est pas sympa pour les autres, je sais).

Il en ira nécessairement de même avec la géoloc et ses services à venir de fidélisation, de promotion, de couponing. Marché qui est donc à suivre.

Buffer Overflow

Je profite de ce moins d’août pour couper quelques temps web, twitter, flux RSS et blogs. Vous ne me verrez donc que très peu sur Twitter, encore moins souvent que d’habitude ici même, et, amis blogueurs, je ne lirai pas vos articles en cette période. Une bonne coupure sans informations à traiter autres que celles de mon plaisir du jour et l’élaboration de business plans durant de calmes matinées.

Bref, des vacances de la news pour revenir au taquas et revoir le web avec un œil neuf.

Pour la rentrée, je vous prépare une petite série d’articles sur les services mobiles, une balade autour des check-in services.

D’ici là, je vous souhaite à vous aussi un excellent mois d’août.

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Google attaque Yelp en frontal

Du nouveau dans le monde des offres géo-localisées. Je sais, les nouveautés en question sont de la semaine dernière, mais je suis sûr qu’un week-end de réflexion supplémentaire ne vous aura pas fait de mal en cette surchauffe estivale.

Yelp vs google places

Si vous faites partie des heureux utilisateurs d’un téléphone Androïd, vous avez pu voir suite à la dernière mise à jour de Google Map l’apparition d’une nouvelle icône, Places en anglais, Adresses en français.
Grâce à celle-ci, vous pourrez voir autour de vous les commerces et services disponibles, ainsi que les avis consommateurs y étant passés. Vous aurez donc tout ce qu’il vous faut dans la poche pour faire votre choix entre les restaurants, bars, hôtels, stations services, attractions autour de vous.

Nouvelle percée de Google dans les services mobiles

Google par cette fonctionnalité attaque directement le marché des city guide mobile, segment dominé par Yelp, sur lequel intervient également l’européen Qype. L’aspect amusant de la nouveauté est que Yelp était fournisseur de Google, en lui revendant directement sa base de lieux et d’avis que Google utilisait dans Google Maps. Maintenant, cette base fait partie intégrante de celle de Google Places, et continue à être crawlé par les robots de Google indépendamment de l’accord désormais caduque entre les deux sociétés.

Je vous invite à ce propos à comparer la home page de l’application Yelp et celle de Google Places. Vous noterez les troublantes similitudes entre les deux.
Bref, Google n’a pas racheté Yelp, mais utilise leurs données pour alimenter un service concurrent, et le propose par défaut à l’intégralité du parc Androïd compatible.

Google n’est pas encore un check-in service

Une des principales différences entre les deux applications reste pour l’instant les outils de check-in, permettant de déclarer sa position et de la partager avec son réseau. Outil qui ne manquera pas d’être développé – ou racheté – d’autant plus que l’on sait que Google a annoncé vouloir concurrencer Facebook dans le social, mais d’une manière différente.

City Guide + check-in + social permettra d’avoir effectivement quelque chose de valable à présenter au marché, sous réserve de ne pas reproduire les erreurs de Google Buzz en termes de confidentialité des données. L’occasion également de remettre sur le devant de la scène Google Latitude, qui, absent de valeur ajoutée pour le consommateur, était jusqu’alors inintéressant. Si le social et les avis conso s’y rajoutent, un vrai outil aura vu le jour.

Sources : Techcrunch, Techcrunch et Techcrunch.

La fidélisation client vue comme un permis à points

Henri Kaufman ressort une de ses vieilles présentations de 2007 axée sur la fidélisation des consommateurs. Et c’est avec grand plaisir qu’on la lit aujourd’hui, elle est comme je les aime: courte et extrêmement intéressante. C’est-à-dire qu’une fois que vous l’avez finie, il vous reste encore un bon paquet de travail pour mettre en place les idées qu’elle aura générées.

Le principe part d’un constat éculé mais bien réel: le consommateur moderne, traduire celui apparu il y a moins de dix voire cinq ans, a changé. Il est multi-connecté, s’informe, recoupe ses infos, et dispose d’une variété d’offres comme il n’en avait jamais vue.

Alors comment lui parler, et surtout, comment le retenir?

Surtout quand on fait le constat, dans l’ensemble, que les programmes de fidélisation déçoivent, trop chers pour les marques, insatisfaisants pour les consommateurs. Ils sont trop généralistes et se conçoivent de plus en plus comme un concours entre concurrents sur qui aura le plus gros.

L’idée présentée par Henri Kaufman est simple:

  • il y a d’un côté les forces de rétention de la marque, ce qui fait que le client va rester chez vous,
  • de l’autre les forces d’arrachement, ce qui fait que le client va partir à la concurrence.

Sur ces deux forces de base, axées sur les qualités, stratégies et tactiques de chacun des concurrents, viennent se greffer les incidents de parcours dans la vie entre un client et une marque. Ils peuvent être répartis en deux types:

  • les incidents transitoires, qui disparaissent comme ils sont apparus, et qui ne laissent aucune trace dans la relation
  • les aléas cumulatifs, ceux dont le client va se rappeler et qui vont grever sa confiance

Chaque client a un Capital de Tolérance qui lui est propre, et je rajouterai qu’il est différent en fonction des marques. Un client particulièrement intolérant en général peut s’avérer très conciliant quand il s’agit de sa marque fétiche. Exemple: il achète depuis bien dix ans des produits au moins 30% plus cher que le marché dans un écosystème captif comme Apple et continue à défendre la marque quand son nouveau téléphone à un bras 3/4 ne capte pas quand il le tient de la main gauche, et c’est dommage, il est gaucher.

Ensuite, deux idées de modélisation complémentaire:

  • Tout aléa a un impact décroissant avec le temps,
  • Le capital de tolérance est décroissant avec le temps.

Donc, vu que les aléas sont cumulatifs, ils rapprochent l’insatisfaction du client de son seuil de tolérance, qui décroit dans le temps. Et quand l’insatisfaction dépasse le seuil: le client va voir ailleurs!

Et la fidélisation dans tout ça? C’est simple: l’objectif de la fidélisation est que le client n’aille pas voir ailleurs. Vous devez donc en permanence évaluer les accrocs au cas par cas et savoir déterminer si vous approchez d’un seuil limite. Évidemment, cela nécessite une phase d’apprentissage pour affiner vos modèles propres et apprendre à connaître d’avantage vos clients.

L’idée d’Henri Kaufman est toute simple: un permis à points. Si vous perdez trop de points dans la relation avec votre client: réagissez! Et vous aurez fait du véritable marketing one-to-one, en apportant une solution personnalisée à chacun des cas, sur la base d’un modèle généralisable.

Bref, on lit la slideshare suivant, on réfléchit aux impacts sur son activité, et on s’abonne au flux RSS d’Henri Kaufman.

 

Journal d’un entrepreneur: bilan à une semaine

Comme je vous l’avais annoncé, j’ai quitté la société Cards Off pour créer ma propre entreprise. Je suis donc devenu entrepreneur, et ce depuis une semaine.

Et bien sûr, l’idée est de partager cet expérience. Alors, quel bilan à S+1?

Motivation: Yeah! Au top. Pas déchainée, froide et obstinée. Du truc que tu sens au fond de toi mais tu t’agites pas trop non plus. Bref, ce qui fait que je me lève tous les matins pour passer la journée entière seul devant mon ordinateur.

Rythme de travail: Je suis un peu déçu pour l’instant. Difficile de redémarrer à fond, d’autant plus par cette chaleur. Notes pour les archives: on dépasse les 33°C en journée et pas en dessous de 20-21 la nuit. Bref, ça transpire sec dans les paddocks. Attention, quand je dis difficile de démarrer à fond, c’est que je fais une journée de 8h00, dont 5h00 de bien utile, soit une journée normale dans le monde normal. Mais je ne suis pas inquiet outre mesure par la longue montée en croissance du rythme. Déjà, entreprendre est une course de fond, et on ne démarre pas un semi par un sprint. Du moins, pas moi. Et je sais que quand il le faudra, les heures vont s’aligner vite fait.

Réalisation: j’ai choisi de partir en phase amont du projet, donc peu de choses spectaculaires à voir pour l’instant. J’ai pu dans la semaine réaliser un document de cadrage décrivant les fonctionnalités catégorie par catégorie ainsi qu’arrêter le périmètre de la première version alpha, pour laquelle j’ai déjà écrit une première version du modèle de données. Donc la chose avance, et je n’exclus pas de voir rapidement cette première alpha tourner.

Partenariats: rien pour l’instant, logique à mes yeux en cette phase. Cela crée un manque de sollicitations, comme je le disais au premier point, pour l’instant mes journées sont assez solitaires et vouées à l’analyse. Je ne doute pas qu’une fois sorti de cette étape, les partenariats et associations vont s’accélérer et saturer l’agenda.

Business plan: pas d’avancés majeures, à part l’installation de EBP. On se réserve ça pour les journées dans le hamac en bord de mer, au calme.

Administratif: pas plus, et trop tôt pour en parler!

Bref, petit démarrage, avec la foi.

Suite au prochain numéro!

Paypal: carte bancaire, offre de crédit et one-click mobile

BNP Paypal

Paypal et BNP Paribas lancent une carte bancaire et une offre de crédit

Retour sur le sujet suite à un échange sur twitter avec Weetabix, fondateur de i-actu.

L’offre de crédit Paypal BNP Paribas

Paypal, lors d’une étude propre fait le constat suivant: Un quart des utilisateurs PayPal déclarent avoir déjà renoncé à un achat en ligne faute d‘une offre de financement adaptée. Chiffre hautement intéressant pour qui propose du paiement en ligne, et pour tous les e-commerçants.

Paypal s’est donc associé à BNP Paribas pour lancer une offre de crédit actionnable au moment de l’achat et remboursable depuis le compte Paypal. A suivre côté site marchand sur les taux de transformation, et attention aux tarifs d’une telle offre de crédit. Nous sommes déjà habitués à voir Paypal se vendre à des prix prohibitifs, nous pouvons augurer que ce service sera survalorisé, surtout en l’absence de concurrence raisonnable.

La carte bancaire Visa Paypal

Superbe coup de Paypal qui lance sa carte bancaire, à laquelle sera adossée l’offre de crédit susmentionnée.

J’avais cru hier à une attaque frontale à terme sur Visa, vu l’importance de la base installée de Paypal et leur expérience du TPE en ligne, je voyais bien sous quelques années une techno 100% Paypal en offline. A la réflexion, la chose serait bien trop difficile.

C’est en revanche une attaque violente menée contre les banques. Rappelons ici que Paypal possède une licence bancaire au Luxembourg, ainsi qu’appuyé par BNP Paribas. L’apparition de cette carte de crédit Paypal pour attaquer le offline est donc le signe d’une stratégie très offensive en dehors des frontières de l’e-commerce. En nombre de comptes, Paypal est la plus grosse banque du monde. Si elle se met à distribuer du crédit et des cartes bancaires pour attaquer le offline, elle devient un concurrent sérieux des banques traditionnelles pour une offre banque au quotidien.

Reste à voir comment cela sera distribué, Paypal étant très bon sur la conception et le marketing, mais largement améliorable en commercialisation directe.

Plus d’information avec l’annonce officielle sur le site de BNP Paribas.

Paypal lance le one-click sur mobile

En parallèle de cette offensive sur le off-line, Paypal attaque également le marché du mobile.

Ils nous l’avaient annoncé lors d’une conférence ubuesque en ouverture du barcamp 4: ils débarquent sur mobile avec une offre d’achat one-click. La techno est connue, c’est celle du Paypal Express Checkout, déjà commercialisée, bien qu’avec difficulté, en web traditionnel.

L’objectif est clair: prendre directement le leadership du paiement mobile, marché estimé à 200 milliards en 2012. En chiffres, cela donne un forecast pour Paypal à 500 millions de $ sur 2010, soit x20 de croissance versus 2009. Tant qu’à y être, autant y être ambitieux.

L’annonce est reprise via Techcrunch.