Roman:Un monde sans fin de Ken Follet

Ken Follet Un monde sans finPoursuite des vieux dossiers pendant les fêtes de Noël. Aujourd’hui, Un monde sans fin de Ken Follet.

En réalité, je ne sais même pas ce que fait ce bouquin dans ma bibliothèque. Bon, en fait je sais, c’est ma femme qui l’a acheté, et avec mes 55 heures par semaine m’aérer le cortex devient une priorité. Donc je le lis et j’accroche, j’en oublie même de prendre mon Métro quotidien quand j’emprunte son homonyme. Le décor est l’Angleterre du XIVème siècle comme on se l’imagine : féodale à souhait. Cruelle, inique, primaire. Le village voisin est un concurrent et se rendre à Londres une péripétie. Quatre héros pétris de rêves et d’ambition évoluent dans ce cadre pour apprendre amour, gloire et déception. Mort, religion, argent, vengeance, une touche de sexe gentillet toutes les cinquante pages pour s’émoustiller un peu, bref, toutes les recettes y sont employées. Du grand classique, simple, efficace et sans fioritures. Léger, adapté à une lecture de fêtes.

Dans l’ensemble on y prend goût et on se met 1300 pages dans la vue. Sinon, il y a la contre-histoire de la philosophie d’Onfray, que j’aimerais lire. Mais là, j’ai pas la foi.

Roman: Journal intime d’un marchand de canon de Philippe Vasset

Philippe Vasset Journal intime d'un marchand de canonSuite de la série des vieux dossiers, le Journal intime d’un marchand de canon servi par Philippe Vasset.

Je vous fais le pitch rapide. Le héros est un marchand d’armes, à l’heure de la remise en question (peur du procès, de l’arrestation), il nous raconte sa vie. Celle qu’il fantasmât, celle d’un agent secret, être au coeur de l’action et des secrets d’état. Sa quête le conduit à végéter dans diverses ambassades de part et d’autres de la terre, de préférence dans ce qui se fait de mieux en matière de tyrannie ou de paranoïa dirigeante excessive. L’histoire s’appuie parait-il sur des faits réels, je ne sais pas, je n’ai jamais été négociateur en Irak. Le but de l’auteur est de créer des fictions collant au plus près du réel, s’appuyant sur son vécu de journaliste. Une sorte de roman-réalité je présume. Sauf que la sauce ne prend pas et que l’histoire fait périr d’ennui. Pourquoi je vous dis tout ça ? Il a pour projet de récidiver avec Journal intime d’un affameur et Journal intime d’un manipulateur. Si c’est du même niveau, faites simple : oubliez.

Roman: Encore quelques instants de bonheur de Jean-Louis Plaforet

encore-quelques-instants-de-bonheur

Après avoir combattu pour libérer son pays, la France, Jacques rentre chez lui en mars 1946. Il revient à cette terre d’Algérie qui est la sienne et qu’il aime tant, il va pouvoir se consacrer aux siens et à sa ferme. Il donnera de son temps à son village en devenant maire, puis au pays en rentrant à l’Assemblée Algérienne. Mais les nouvelles d’Indochine sont peu rassurantes et les algériens commencent eux-aussi à parler d’indépendance, inquiétant le pouvoir et les colons.

C’est un pied-noir qui nous raconte cette histoire, inspirée de celle de sa famille. Jean-Louis Plaforet nous parle d’Algérie, de l’investissement sans limites que des générations de français ont fait dans ce pays, et de leur incompréhension face aux évènements. Au-delà du confort matériel c’est l’amour d’un pays qui transparait, et le sentiment de pourtant avoir bien fait. A lire pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur la décolonisation, non pas sous l’angle de l’économie ou de l’histoire, mais de ceux qui l’ont vécue, voire subie.

Je profite du blog pour compléter la critique officielle. Jean-Louis Plaforet est un ami d’enfance de mon père, j’ai grandi un peu avec l’humour pied-noir, et la souffrance pudique du retour forcé au pays. Cette diaspora inversée a souvent eu pour terre d’asile la Provence, mon pays à moi. Nous avons vécu dans notre terre l’arrivée des fils de France qui étaient partis voilà plus d’un siècle, et que la modernisation du monde contraignaient à rentrer. Je ne souhaite pas revenir sur cette décolonisation sans aucuns doutes nécessaire, mais simplement sur cette blessure mal refermée. Bien sûr les pieds-noirs ont eu des aides, bien évidemment nos bras se sont ouverts à l’époque. Et nous rions encore d’entendre nos amis nous raconter qu’ils possédaient la moitié de l’Algérie, si je fais le total j’ai souvent eu l’Afrique en entier sur ma terrasse lors des apéros d’été. Mais derrière se cache pour eux le besoin de comprendre et d’être compris, de transmettre ce qu’ils ont vécu, et alors la dédicace aux enfants de l’auteur, que je connais bien sûr, prend tout son sens, se charge de tout son poids.

Roman: le feu de Dieu par Pierre Bordage

le-feu-de-dieuFranx peut être décrit comme un paranoïaque. Il entraine ses proches dans la construction de l’Arche, une ferme dans le Périgord capable d’héberger en autosuffisance plusieurs familles durant sept années. Jusqu’au jour où, alors qu’il est en voyage à Paris, le cataclysme survient et la Terre se recouvre d’un manteau de cendres. Débute son périple pour rejoindre l’Arche, dans laquelle sa femme et ses deux enfants sous la coupe de Jim, qui se comporte en tyran.

Le Feu de Dieu se partage entre-huis clos et parcours post-apocalyptique. En ôtant les dimensions de réorganisation de la société, nous sommes au croisement d’un Ravage de Barjavel et d’un Dark Earth, le jeu de rôle, mais sans en atteindre la profondeur. Je suis un peu déçu du dernier Bordage, qui pour moi est un des grands et rares français du fantastique. J’avais adoré Wang ou les Fables de l’Humpur, les Griots célestes étaient plaisants et rafraichissants, nous ne sommes pas là au même niveau et cela pourra surprendre les lecteurs habituels de l’auteur.

En synthèse, à ceux qui ne connaissent pas Pierre Bordage, je recommande fortement de le découvrir avec « Wang », les fans pourront le suivre sur « le Feu de Dieu » ainsi que les amateurs de post-apocalyptique. Et pour ma part, je continuerai à suivre l’auteur.

Roman: Fabrique-moi des ailes, de Perrine Luc

fabrique-moiC’est l’anniversaire de Mathilde. Jérôme, son frère, lui fait une visite surprise. Il la trouve au bord de la fenêtre, prête à se jeter dans le vide. Le lendemain, il démissionne de son poste de cadre supérieur pour redonner vie et sourire à sa sœur. Ensemble, ils écrivent un livre, se lancent des défis pour le combler d’aventures. C’est ainsi que Jérôme rencontrera Pauline, qu’il apprendra à danser, et d’autres choses encore que l’on fait uniquement quand on leur accorde le temps nécessaire.

Fabrique-moi des ailes est doux et follement tragique, un petit moment à part, de tendresse et de soif de vivre. C’est un peu ce que l’on voudrait dire à son frère ou à sa sœur, si on prenait le temps. Le ton est agréable et la lecture aisée. On se prend à vouloir aller plus loin à chacune des étapes que franchissent ensemble le frère et la sœur et on dévore finalement ce court roman. J’imagine fort bien le film que l’on pourrait en tirer, tellement français et doux-amer. A lire.

Perrine Luc est originaire du Sud-Ouest, et si la vie l’a amenée à vivre aux Pays-Bas, elle n’a rien oubliée de ses valeurs familiales. Elle abandonne sa carrière et son poste de responsable marketing pour se consacrer à l’écriture.

Roman : Aïcha La bien-aimée du prophète, de Geneviève Chauvel

aicha-la-bien-aimee-du-propheteAïcha, la préférée du prophète

Muhammad ibn Abdallah ibn Al Hachim, que l’occident appellera Mahomet, est chamelier à La Mecque. La femme d’Abou Bakr, son ami de toujours, donne naissance à une fille aux cheveux de cuivre : Aïcha. Rapidement, celui qui devient le prophète la repère, et à la mort de son épouse la prend pour femme. Elle sera dès lors sa bien aimée, sa préférée jusqu’à son dernier souffle entre toutes ses femmes. Il conclura des alliances politiques avec des souverains étrangers, épousera leurs filles, cédera à la beauté dévastatrice d’esclaves égyptienne mais conservera un amour intact pour la seule qu’il a connu dès son plus jeune âge. Elle recueillera des lèvres du prophète la parole de Gabriel, elle sera la mémoire pour tous, et bien après la mort de Muhammad la gardienne du sens de la prédication, la science, le juge que l’on consultera.

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Roman: Geisha

Geisha, d'Arthur Golden

Geisha, d'Arthur Golden

Pour amorcer la rubrique littérature, Geisha d’Arthur Golden, dont a été tiré le film Mémoires d’une geisha.

Dans un village de pêcheur, la jeune Chiyo est vendue par son père à une okiya du quartier de Gion, à Kyoto. Elle apprendra les fondamentaux de ce métier particulier auxquels l’occidental associe mythe et fantasmes. Au terme d’un parcours difficile, et oui sinon il n’y a pas d’histoire, elle deviendra une des geishas les plus cotées du Japon.

Dans l’ensemble le roman est de bonne facture. Il est écrit par un américain, Arthur Golden, dont le travail de recherche est à saluer. L’écriture est claire, la traduction d’une rare qualité.

On classera Geisha dans les romans faciles, mais travaillés et enrichissants. Il mérite le succès qu’il a eu, et ici populaire n’a pas rimé avec mauvaise qualité.